Equilibre et dualité

 

Vivre, c’est être en relation avec le monde, les autres et soi-même...

 

...une oscillation entre deux pôles opposés et complémentaires.

Les Chinois les nomment  Yin Yang.

YIN et YANG​

Ces sinogrammes apparurent au temps des Han (206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C.), quand les confucéens les utilisèrent dans l’aile du Yi Jing appelée le Grand Commentaire. 

Ils signifient adret et ubac : les deux versants d’une même montagne.

Yang ne figure à AUCUN MOMENT dans le corps du Yi Jing ; 

Yin n'a qu'UNE SEULE OCCURENCE.

Il est écrit à la 2ème ligne de l'hexagramme Juste Confiance, : "Une grue appelle dans l'ombre".

Ombre, c'est-à-dire Yin

YANG

Adret, la face sud.

Le sinogramme se compose d'un signe représentant les tumulus aux esprits du sol et d'un soleil au-dessus de la pluie. C'est le moment où le soleil émerge

Yang est la fermeté, le manifeste, le lumineux, le soleil, le réchauffement…. C’est l’initiative, la continuité des êtres, le masculin...

YIN

 

Ubac, la face nord. Le signe des tumulus est le même que pour le Yang. A droite, ce sont des nuages qui s'amassent

Yin est le souple, ce qui est caché ou secret, la lune, le refroidissement, le féminin…

L'obscurcissement du YIN

Yin et Yang sont pour les sinophiles l'idée parfaite du mouvement.

Pourtant, nord et sud, ombre et lumière... La montagne est bien composée de deux faces.... Qui n’inspirent pas les mêmes sentiments.

Car à l'époque des Han, on assiste en Chine au même glissement qu'en Occident : l'avènement d'un pouvoir masculin sans partage.

En découle un assombrissement de tous les symboles peu ou prou féminins. Yin y compris.

Néanmoins, Yin et Yang restent les symboles classiques pour exprimer la dualité. Nous les utiliserons pour des raisons pratiques.

太极图

TAIJITU

Un autre symbole du Yin Yang a fait florès : le Taijitu, la Figure du Faîte Suprême.

Il est la représentation même du "jamais l'un sans l'autre", de la respiration.

Cette figure a été popularisée dans l'Empire du Milieu au tournant de l'an mille. Le Yang, en blanc et le Yin, en noir, se succèdent en un ballet sans fin. Ils portent chacun le germe de l'autre. 

Grand et Petit

Dans le corps du Yi Jing, la polarité est décrite par les deux idéogrammes Da et Xiao, Grand et Petit.

DA

Grand, important, grandir, noble, aîné

Ce sinogramme représente un homme debout bras écartés, comme l'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci.

L'être qu'il décrit prend sa place, toute sa place, uniquement sa place.

Il est le principe de l’individualité, le Soi.

Et par conséquent ce qui est mis en lumière, ce qui se voit, qui apparaît.

Cet être est unique. Ses talents, sa vision, son caractère sont à nul autre semblables

XIAO 

Petit, jeune

Dans le sinogramme d'origine, les trois traits étaient de même taille. Ils figurent trois graines. Certainement trois grains de riz

Petit représente ce qui nourrit, la graine plantée en hiver qui donnera les fruits du printemps, ce qui est en terre, l’intérieur, l'introspection, le repos. En cela bien entendu, ce qui est préparé dans l'ombre.

"Le trois engendre les dix mille êtres".

Xiao, c'est déjà la multitude.

Aucun être n'est plus important que l'autre. Tout est en lien, tout et tous concourent à la bonne marche de l'ensemble.

En termes allégoriques Da et Xiao sont les musiciens d'un orchestre, ou les arbres d'une forêt : pour un ensemble harmonieux, chacun a sa place et joue la partition collective. 

Enfin, Petit et Grand sont des superlatifs.

Ils ont la même puissance, la même force, la même importance. 

Elan Créatif et Elan Réceptif :

Qian et Kun

QIAN 

ciel, masculin, mâle, souverain, firmament.

Le premier des hexagrammes du Yi Jing met en scène un Dragon, depuis sa naissance ondine jusqu'à son déploiement céleste.

Le dragon, symbole de royauté, ne tombe jamais dans l'égocentrisme, la toute-puissance ni l'arrogance. Il se contente, et ce n'est pas peu, d'explorer son territoire.

Chaque trait décrit la création d'un individu qui apprend à s'élever, à assumer son caractère, son être. Il se montre, découvre la maîtrise.

Qian renseigne sur les difficultés et chausse-trappes pour oser devenir soi-même.

Là réside le secret du Ciel.

Elan

Créatif

KUN 

féminin, vertus féminines, réponse à l’appel.

 

Le deuxième hexagramme est subtil.

Le sinogramme est composé du signe de la terre (anciennement une "pierre levée") et de celui d'une extension continue

Autant le Dragon s'appuyait sur les éléments pour partir à la rechercher de son identité, autant Elan Réceptif décrit un mouvement centrifuge : un être qui part de son centre pour entrer en lien, en résonance avec son entourage.

La Terre, "porte toute chose", est "souple", adopte une position seconde : " Qui précède s'égare, qui suit trouve le Principe du profitable" dit le texte du Jugement.

Mais attention... 

Il ne s'agit pas de confondre "position seconde" et soumission, comme l'ont fait les Chinois en cantonnant leurs épouses dans la partie Nord du Palais, à l'ombre.

La "position seconde" met en garde contre les prises d'initiative. Elle préconise une écoute, un mouvement de balancier entre soi et les autres, une attention au monde.

Kun, la Terre dans toute sa puissance, nous montre comment "oeuvrer patiemment dans la bonne direction", sans se mettre en avant. La Terre est générosité, ténacité et sincérité.

Elan

Réceptif

Comme Da et Xiao, les deux premiers hexagrammes renseignent sur les principes fondamentaux de la dualité vue par les Chinois des anciens temps.

Etre à la fois soi et ouvert au monde. 

​​Sabine Dugarry

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